Les styles musicaux

La musique traditionnelle afro-cubaine :

Elle est issue de l’ensemble des ethnies africaines qui ont été amenées à Cuba en tant qu’esclaves. Parmi les plus importantes on peut citer les YORUBAS, les CONGOS (ou bantus), les ARARAS (ou Carabalis) et les ABAKUAS (confrérie religieuse). Toutes ces ethnies ont apporté un important héritage culturel et cultuel qui a sans cesse enrichi la musique cubaine en général.

La musique populaire cubaine :

  • La musique campesina : issue des campagnes dont les styles les plus prépondérants sont le CHANGÜI, le SON, le PUNTO, la GUAJIRA.
  • Le SON urbain : dont les variantes orchestrales principales sont le sextet, le septet et le conjunto.
  • La musique de salon : principalement représentée par les orchestres de CHARANGAS dont les fondements musicaux proviennent de la CONTRADANZA. Ces orchestres jouaient le DANZON, le MAMBO puis plus tard le CHACHACHA.
  • La Trova : les 2 formes VIEJA TROVA et NUEVA TROVA représentent essentiellement le répertoire de la chanson cubaine (CANCION). Ce sont les poètes chanteurs ou TROVADORES (troubadours) qui en sont les dignes représentants.

La rumba :

Cuba est connue pour être « la tierra del son y del guaguanco ». Le GUAGUANCO est un des styles du complexe de la rumba avec le YAMBU et la COLUMBIA. Cette forme musicale qu’est la rumba en général est le fruit de la rencontre des différentes ethnies africaines qui ont, au fil de l’histoire, constitué un langage musical commun « afro-africain ». Si les colons espagnols ont peu à peu créé le SON (chanté en espagnol, joué avec des instruments d’origines plutôt européens mais imprégné de rythmes et structures africaines), les afro-cubains ont de leur côté créé la rumba, chantée tantôt en espagnol, tantôt en africain, mais jouée avec des tambours et autres instruments de percussion uniquement.

La musique de carnaval :

Lors des carnavals, les défilés de procession religieuse appelés COMPARSA, sortent dans les rues avec tambours, cloches, sartenes (poelles à frire), caisse claire, bombos, danseurs(es) costumé(e)s, cuivres et chants. La CONGA (rythme et danse à la fois) est jouée avec des cuivres dans le style Havanais et avec la CORNETA CHINA dans le style oriental (Santiago de Cuba).

 
PETITE HISTOIRE DU SON CUBAIN

L’origine des musiques des paysans (Musica campesina) provient surtout de la  région  orientale de Cuba, terre de naissance du style « SON ».
Cependant, le PUNTO trouve son origine essentiellement dans la partie Ouest de Cuba.

Ces musiques sont essentiellement d’origine et d’influence espagnole que ce soit pour les textes comme pour les formes musicales et les instruments.
Les premiers styles portaient le nom de ZAPATEO ou PUNTO ayant chacun plusieurs formes mais aussi la GUAJIRA (en 6/8 ou 3/4), les TONADAS, la CRIOLLA et bien d’autres. Les orchestres étaient constitués d’instruments à cordes : harpe, vihuela, luth, mandore puis plus tard la guitare pour accompagner le chant. Au sein des fêtes de villages (GUATEQUES) les poètes, les paysans se confrontaient lors de joutes musicales appelées CONTROVERSIAS, qui sont une forme du PUNTO.

Toutes ces formes musicales apparurent vers 1836. D’autres styles (de l’Est de Cuba) comme le CHANGÜI, le SUCU-SUCU , la BACHATA, le NENGON apparurent plus tard vers 1905. Mais le style le plus important qui fut à l’origine de la SALSA et qui inspira les musiques de salon  s’appelle le SON.
Alejo Carpentier (musicologue cubain) date le 1er SON du XVIe siècle. Les orchestres de SON dont l’émergence se fit au début du XIXe siècle, utilisaient des instruments comme, la BOTIJA, la TUMBANDORA (ou tingotalango), la MARIMBULA (sorte de grosse sanza) pour jouer les basses, le TRES (guitare à 3 doubles-cordes), la GUITARE, les BONGOS, CLAVES, GUIRO et MARACAS.

Le SON, né dans la province d’Oriente, voyagea et arriva peu à peu à la Havane au début des années 20. Cela créa des orchestres appelés SEXTETOS qui détrônèrent le DANZON. Puis par la suite, une trompette s’ajouta aux orchestres créant ainsi les SEPTETOS.
 
Vers 1940 apparurent les CONJUNTOS (avec l’apparition des tumbadoras, du piano, section de cuivres, les timbales (qui n’existaient pas dans les orchestres de SON traditionnels) dont l’un des plus célèbres fut celui d’ARSENIO RODRIGUEZ (musicien non-voyant considéré encore de nos jours comme le père de la SALSA).
À partir de là, ce fut l’essor de la musique cubaine (l’age d’or est de 1940 à 1950) qui s’exporta de par le monde, mais ce fut aussi l’époque où beaucoup de cubains tentèrent de fuir le pays pour rejoindre les Etats-Unis entre autres.